A propos 

Je me souviens de mon attache au monde…

De la merveilleuse histoire de ce totem, en maternelle, totem fait de barils de lessive recouverts de fils de laine de toutes les couleurs qui prit le départ direction la lune avec son héros dedans !

Puis, du petit bonhomme héroïque revenant de ce grand voyage, en fin d’année et de ces bonbons petits mais multicolores que nous savourions à l’école, au réveil de la sieste, en guise de récompense.

Plus tard, d’un sac de toile de jute brodé de mon prénom, par mes soins, qui ravit ma primaire.

D’ailleurs, à la maison, seule dans ma chambre, je passais beaucoup de temps à manipuler le papier et à créer des histoires de pâte à modeler.

 

Je me rappelle aussi ces doux moments avec ma professeur argentine Alicia Zadan qui animait les ateliers d’arts plastiques à Sucy en Brie !

Elle nous entrainait dans de sacrés projets ; dessinait beaucoup de nus de femmes et avait de très beaux bracelets argent que j’écoutais à chaque coup de crayon !

Je me rappelle, de même, l’atelier de son mari Juan Carlos Caceres. Nous étions plusieurs à recevoir de cette forte personnalité une culture artistique…un temps riche et atypique.

A cette époque, mon père faisait de la céramique ; je l’accompagnais de temps en temps.

 

Je me rappelle enfin, les cours de dessin, le samedi, au Louvre qui m’ouvrirent une porte hebdomadaire sur Paris ; je m’ organisais pour, entre les cours, faire l’école buissonnière en toute liberté…

La terminal enclencha enfin un point de non-retour; je me mis à peindre tous les soirs ; seul possible pour tenir dans ce système scolaire qui devenait  insupportable. Je pris le matériel disponible de ma mère qui avait suivi la méthode Martenot.

 

Un cursus dans les arts allait donc de soi ! Il prit la forme d’une année préparatoire en arts plastiques puis de cinq ans, en arts appliqués, à l’école Duperre, avec toujours Paris comme fond culturel !

L’enseignement de Françoise Mamert me permit d’exprimer ce qu’il y avait de plus singulier en moi ! Une révélation, un véritable accompagnement.

Je suivis, enfin, sur Lyon, une formation en médiation artistique et art-thérapie.

Si j’enseigne aujourd’hui, c’est en mémoire de ce que Françoise Mamert a pu me témoigner de la grandeur de ce métier.

 

Dans mon atelier, je prends appui sur ces acquis et ces impulsions !

Ainsi accompagner ma singularité ou celle de l’autre fut fondateur pour moi.

Je me définis, maintenant, de plus en plus comme une chercheuse qui déroule, en traces, mes vibrations du moment, un miroir-dialogue singulier en mouvement, en évolution perpétuelle.

Je nomme Soly Cissé, artiste sénégalais qui exprime si bien mon attache au monde, mon rapport présent à l’art et à ce monde.

Extrait :

" Le vrai monde que nous vivons c’est le monde qui nous anime,

qui est en nous et non pas le monde dans lequel nous sommes…

…on n’a pas à séduire; on est en quête de vérité ."

                                                                                       

                                                                                         Muriel Lallart-Koç

                                                                                         Novembre 2018